Parler au nom du peuple congolais exige une légitimité morale, historique et sociale que toutes les structures religieuses ne possèdent pas. Depuis plusieurs semaines, l’on assiste à une agitation médiatique de certaines “églises-business” cherchant à soutenir, justifier ou banaliser le débat autour du changement de la Constitution. Pourtant, ces prises de position n’engagent nullement la majorité des Congolais.

Dans les moments décisifs de l’histoire nationale, le peuple congolais a toujours su distinguer les véritables autorités morales des entrepreneurs religieux circonstanciels. Lors des crises politiques majeures, des luttes démocratiques ou des périodes de tensions institutionnelles, la population s’est naturellement tournée vers les confessions historiques : l’Église catholique et l’Église protestante, dont l’ancrage social, le rôle éducatif et l’héritage dans la défense des libertés publiques demeurent incontestables.

Aujourd’hui encore, la nation observe, écoute et attend. Non pas les discours opportunistes de structures religieuses transformées en relais de propagande politique, mais la parole des institutions spirituelles qui ont accompagné les combats du peuple pour la justice, la paix et l’État de droit.

Le débat sur la Constitution ne peut être réduit à une simple opération de communication politique. Modifier les règles fondamentales d’un État en pleine crise sécuritaire, économique et sociale soulève des interrogations profondes sur les priorités nationales. Dans un contexte marqué par les tensions à l’Est du pays, la fragilité institutionnelle et la souffrance sociale, beaucoup de Congolais perçoivent ce projet comme une diversion politique plutôt qu’une réponse aux urgences nationales.

L’histoire enseigne qu’aucun pouvoir ne demeure éternel, surtout lorsqu’il s’éloigne des aspirations profondes du peuple. Les signes d’une crise politique en gestation deviennent visibles. Les douleurs de l’enfantement politique commencent à apparaître dans le débat public, dans la méfiance citoyenne et dans la fracture grandissante entre gouvernants et gouvernés.

Le président Félix Tshisekedi devra tôt ou tard faire face aux conséquences politiques de ses choix. Car dans toute démocratie, la stabilité ne repose ni sur les slogans ni sur les soutiens circonstanciels, mais sur le respect du pacte constitutionnel et de la volonté populaire.

Le peuple congolais mérite mieux que des manipulations religieuses au service d’ambitions politiques. Il mérite un débat sincère, responsable et centré sur l’intérêt supérieur de la nation.

#StopChangementConstitution

#PasDe3èmeMandat

#RDC

 

Prince Kinana

Président du MND