Des réactions fusent de partout après l’adresse à la Nation de Félix Tshisekedi durant lequel il a présenté les contours du dialogue politique en gestation.
Journaliste de formation et de carrière, actuellement Directeur Général de l’Agence Congolaise de Presse (ACP), Bienvenu-Marie Bakumanya se dit impressionné par l’aisance qui caractérise la communication du Chef de l’État.
« Félix Antoine Tshisekedi a le sens de la communication qu’il a érigé au niveau de l’art, chaque fois qu’on suit ses adresses à la Nation. Il ne s’agit pas de cette communication confisquée par des pourfendeurs certifiés ou par des zélateurs invétérés. Non plus cette communication transformée en campagne de l’invective ou en alchimie de la polémique pour le besoin des causes généralement perdues. Les Congolais qui ont vécu l’émotion du discours de six (6) minutes en 2021 étaient déjà avertis. Le Président de la République cultive jusqu’à l’extrême, voisin du sublime, l’art de la mise en scène qui annonce les moments historiques. Il maîtrise l’art d’affiner les subtilités du rythme et de la cadence pour conférer à chaque instant la gravité et la solennité qui lui conviennent, jusqu’à toucher à la divinité », a réagi le DG de l’ACP.
Pour Bienvenu-Marie Bakumanya, Félix Tshisekedi développe une méthodologie spécifique et unique pour annoncer les grands événements.
« En 2021, il s’agissait du premier coup du déboulonnement de la dictature par le divorce fracassant entre le camp de son prédécesseur Joseph Kabila, le FCC et les partisans du nouveau pouvoir, le Cach. En 2026, l’heure est venue de faire sonner la trompette de la paix et de la cohésion pour un changement de la République. Même solennité, même gravité, et donc même arlésienne au profit de la marche vers la transformation des institutions et la refondation de l’Etat. Le 27 août 2026, après un long moment d’attente et de supputations en tous genres, le Président de la République a enfin lancé comme promis le processus de convocation du dialogue national », dit-il.
Disposant d’un sens élevé d’analyse, Bienvenu-Marie Bakumanya révèle que l’actuel format du dialogue présenté par Félix Tshisekedi est innovateur comparativement aux dialogues précédents.
« Un dialogue qui tranche et innove par rapport à un passé récent, du fait d’un triple non, catégorique et sans retour. Pas de prime à la guerre, pas de célébration de l’impunité, plus jamais de forum pour le partage des responsabilités. Mais la plus grande innovation se situe dans le fait que le dialogue commence par la base, par les entités territoriales décentralisées et déconcentrées, escaladant la pyramide des couches et catégories sociales, avant de déboucher, après un ultime processus d’épuration, sur le sommet d’une catharcis collective. C’est le modèle même d’un dialogue du peuple, pour le peuple et par le peuple. Il ne sera jamais celui des églises courant derrière des prétextes et des justifications, ni celui d’une opposition qui a fini par imploser en mille morceaux, abandonnée par un peuple au nom duquel elle a toujours prétendu s’exprimer. Le coup est mortel, aussi original qu’inattendu. Des opposants tentés de dire oui vont à coup sûr raser les murs avant de se marginaliser dans la dynamique d’un peuple qui reprend son pouvoir et ses prérogatives. Par contre, ceux que le non attire n’auront pas d’autre choix que d’opter pour une logique solitaire, faute de se laisser noyer par les vagues montantes d’une démarche qui les oblige de mourir pour mieux survivre. De mémoire de Congolais, jamais dilemme politique n’aura été aussi cornélien. Jamais le passé n’aura produit de modèle aussi cruel, de la même manière qu’il restera probablement sans égal dans l’avenir, pour déboucher sur un pacte national véritablement pour la paix, la cohésion et la refondation. La messe a donc été dite devant le monde étonné, surpris et séduit parmi les partenaires de la RDC. Applaudissons dans la paix des coeurs et des esprits! », a conclu Bienvenu-Marie Bakumanya.
Pour l’heure, l’opinion attend la signature proprement dite de deux ordonnances présidentielles, l’une pour convoquer le dialogue politique ; et l’autre, pour mettre en place le comité d’organisation du dialogue.
