À la tête du Front Anti-Dialogue et du parti politique Congo Positif, Dieudonné Nkishi s’oppose à l’inclusivité du dialogue politique telle que présentée par certains acteurs politiques, principalement ceux de l’opposition.
Pour lui, l’inclusivité à laquelle s’accroche la classe politique qui réclame la dialogue à tout prix est une véritable prime à la rébellion qui ne permet nullement de construire la paix.
« Lorsqu’un processus inclut les puissants mais marginalise ceux qui ont perdu leurs proches, leurs terres, leur dignité et leur avenir, l’inclusivité devient alors un piège sémantique : un mot qui donne à l’impunité le visage respectable de la paix », dit-il.
Attaché à son combat contre le dialogue politique profitable aux seuls acteurs politiques, Dieudonné Nkishi préconise comme priorité des priorités du prochain dialogue, trois éléments fondamentaux à savoir : la vérité, la justice, et la responsabilité ; sans lesquels la paix ne saurait être construite.
S’agissant de la vérité, Dieudonné Nkishi préconise que toute la lumière soit faite sur les auteurs et les raisons des différentes exactions et atrocités subies par des congolais durant toutes les années d’agression.
« Que s’est-il réellement passé dans l’Est de la République Démocratique du Congo ? Qui a fait quoi ? Qui a été victime ? Qui a commandité, organisé ou exécuté les crimes ? Aucune paix durable ne peut être construite sur l’effacement de la mémoire des victimes », a déclaré Dieudonné Nkishi.
Outre la responsabilité individuelle de chaque acteur dans le conflit, Dieudonné Nkishi martèle également sur la justice afin que les personnes impliquées dans ce désastre répondent de leurs actes devant la loi.
« L’inclusivité ne peut pas devenir un mécanisme permettant de contourner les crimes commis. On ne peut pas demander aux victimes de s’asseoir à la même table que ceux qui doivent répondre de leurs actes, sans garanties sérieuses de justice », a-t-il indiqué.
Le Front Anti-Dialogue insiste également sur les mécanismes qui doivent contraindre chaque seigneur de guerre de répondre de sa responsabilité dans le drame qui frappe la République Démocratique du Congo depuis trois décennies maintenant.
« Tout dialogue sérieux doit distinguer les responsabilités politiques, militaires et individuelles et prévoir les mécanismes permettant d’en répondre. La participation à un dialogue ne doit jamais devenir une immunité politique. Voilà pourquoi nous devons interroger ce mot devenu magique : INCLUSIVITÉ. Car une inclusivité sans vérité peut fabriquer l’oubli ; une inclusivité sans justice peut consacrer l’impunité ; une inclusivité sans responsabilité peut transformer le dialogue en refuge pour les puissants. Nous ne refusons pas la paix. Nous refusons une paix construite contre la mémoire des victimes. Nous ne refusons pas le dialogue. Nous refusons un dialogue qui ferait de l’impunité le prix de la paix. VÉRITÉ. JUSTICE. RESPONSABILITÉ. Voilà les trois conditions auxquelles l’inclusivité doit être soumise », lit-on dans la déclaration de Dieudonné Nkishi.
Il sied de noter qu’une première ordonnance présidentielle portant mise en place du comité d’organisation du dialogue a été déjà signé par le Président de la République, en attendant la convocation proprement dite de ces assises. Entre-temps, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo continuent d’enregistrer des prouesses sur terrain à travers la reconquête de plusieurs localités et le délogement des rebelles.
