Il ne s’agit plus d’un simple malaise institutionnel. Ce que traverse aujourd’hui notre pays relève d’une crise profonde de gouvernance, où l’incapacité à agir se conjugue dangereusement avec une volonté manifeste de se maintenir au pouvoir, coûte que coûte.

Le gouvernement dirigé par Monsieur Tshilonbo accumule les défaillances sur des missions pourtant fondamentales.

D’abord, la défense du territoire national. Elle n’est plus assurée. Des pans entiers du pays échappent au contrôle de l’État, exposant les populations à des incursions répétées de groupes armés. La souveraineté nationale devient un concept théorique, vidé de sa substance sur le terrain.

Ensuite, la sécurité des citoyens. Elle s’effondre. Les Congolais sont tués jusque devant leurs domiciles. Des institutions censées incarner l’autorité de l’État, y compris des ministères, sont attaquées et pillées. L’insécurité n’est plus une exception : elle devient la norme.

Le secteur de l’éducation, lui aussi, est en chute libre. Le niveau d’enseignement s’est considérablement dégradé, au point d’apparaître aujourd’hui comme un patient admis aux urgences, en état critique. Former la jeunesse ne semble plus être une priorité stratégique.

Sur le plan social, la situation est tout aussi préoccupante. Les fonctionnaires attendent encore le paiement intégral de leurs salaires du mois d’avril, pendant que la communication officielle tente de masquer ces retards. Le décalage entre discours et réalité nourrit une défiance croissante.

L’économie nationale, quant à elle, vacille. La dette publique frôle des niveaux inquiétants, avoisinant les 17 milliards. Les ajustements budgétaires à répétition traduisent une incapacité chronique à mobiliser efficacement les recettes, malgré des promesses initiales ambitieuses qui relèvent aujourd’hui de l’illusion.

À cela s’ajoute l’état critique des infrastructures. L’absence de routes structurantes pour relier les zones agricoles aux centres de consommation freine le développement et accentue l’isolement des provinces. Pendant ce temps, les routes existantes se dégradent sous le poids de nids-de-poule devenus emblématiques de l’abandon.

Plus grave encore, le peuple ne bénéficie pas des richesses de son propre sol. Les ressources naturelles, au lieu de servir le développement national, semblent faire l’objet de transactions opaques, orientées vers des intérêts politiques à court terme, notamment pour consolider des positions de pouvoir ou gérer des conflits armés.

Sur le plan démocratique, le recul est manifeste. La contradiction n’est plus tolérée. Les opposants sont systématiquement discrédités, assimilés à des ennemis ou poursuivis judiciairement, dans une logique de neutralisation plutôt que de débat. La démocratie devient un décor, vidé de son essence.

Le respect des lois de la République est lui aussi fragilisé. Le désordre s’installe. Des responsables incompétents accèdent à des postes clés, tandis que la gestion publique s’enfonce dans l’opacité. Plus inquiétant encore, certaines initiatives semblent viser à restreindre les mécanismes de contrôle parlementaire, pourtant essentiels à l’équilibre institutionnel.

Enfin, la corruption continue de gangrener l’appareil d’État. Elle ne recule pas, elle s’institutionnalise. Ceux qui détournent les ressources publiques ne sont pas sanctionnés : ils sont promus. La clameur populaire, pourtant persistante, reste sans effet.

Et malgré ce tableau accablant, une volonté persiste : celle de se maintenir au pouvoir, voire de modifier les règles du jeu.

Cette ambition s’appuie sur des relais inattendus certains acteurs religieux en quête d’influence, ainsi qu’une frange d’intellectuels dont le silence ou la complaisance interrogent.

Quand l’incapacité devient système et que la soif du pouvoir supplante l’intérêt général, ce n’est plus seulement un gouvernement qui échoue c’est toute une nation qui est mise à l’épreuve. L’histoire jugera. Mais le peuple, lui, vit déjà les conséquences de son.

 

Sé / Jonathan NGBELE

Pdt.Nat. P.A.C

Membre Présidium G.R

Opposant politique