L’Hôtel de Ville de Kinshasa tente de faire croire à l’opinion qu’une nouvelle flotte d’engins d’assainissement vient d’être acquise sous la gestion de Daniel Bumba. En réalité, il ne s’agit que d’une mise en scène grossière, une véritable escroquerie visuelle et morale contre la mémoire collective des Kinois.

Les images parlent d’elles-mêmes : les mêmes camions et engins laissés par le Gouverneur honoraire Gentiny Ngobila Mbaka ont été simplement redécorés aux couleurs de Bumba, comme pour maquiller une fausse acquisition.

Mais à qui veut-on faire croire qu’on a acheté ce qui existait déjà ?

À quel moment, dans quelle procédure et auprès de quelle société ces engins auraient-ils été acheté ?

Où sont les documents officiels d’appel d’offres, de livraison, ou même de paiement ?

 

Cette mascarade, digne d’un théâtre politique de bas étage, révèle un profond mépris de l’intelligence du peuple de Kinshasa.

Une gouvernance sérieuse ne se mesure pas à la peinture fraîche sur des engins publics, mais à la transparence, à la vérité et à la continuité honnête de l’action publique.

Une escroquerie d’État maquillée en innovation. En tentant d’effacer les traces de son prédécesseur, M. Bumba oublie que les faits administratifs ne meurent pas sous la peinture.

Ces engins appartiennent déjà à la Ville, ils ont été acquis sous le mandat de Ngobila pour les opérations “Kinshasa Bopeto”, une initiative qui avait marqué un tournant décisif dans la lutte contre l’insalubrité.

Changer l’habillage sans reconnaître l’héritage, c’est mentir à la population en ternissant l’image de l’État.

Ce comportement frôle la faute morale grave et l’abus de pouvoir symbolique.

Car la communication publique ne doit jamais être un instrument de tromperie.

Elle doit éclairer, pas aveugler.

Des interrogations lourdes et troublantes

Au-delà du maquillage, une question cruciale se pose :

où ces véhicules ont-ils été intercepté ?

Par quel port ont-ils été dédouané ?

Quand sont-ils arrivés à Kinshasa, et par quelle route ?

Après nos investigations, aucun port de la RDC n’a enregistré ni dédouané un lot d’engins pour le compte de la Ville de Kinshasa depuis la prise de fonctions de Daniel Bumba.

Et connaissant nos procédures administratives, jamais une telle commande n’aurait pu passer inaperçue.

Lorsque le Gouverneur Gentiny Ngobila avait réceptionné les engins de “Kinshasa Bopeto” aussi à l’arrivée des engins du projet de 145 territoires, tout le monde s’en souvient : les arrivées avaient été filmées, documentées et médiatisées depuis les ports du Kongo Central jusqu’à Kinshasa.

La population kinoise elle-même en était témoin, images à l’appui.

Alors, ces engins de Bumba sont-ils tombés du ciel ?

Comment expliquer qu’aucune image, aucun reportage, aucun suivi logistique n’existe sur cette prétendue acquisition ?

Trop de questions sans réponses.

Et connaissant la nature communicante de M. Bumba, s’il s’agissait réellement d’une nouvelle commande, il serait le premier à filmer leur arrivée pour prouver son action, surtout en cette période où il fait l’objet d’une question orale avec débat à l’Assemblée Provinciale, initiée par l’Honorable Aubain Mukanu.

Malheureusement, rien de tout cela n’a été fait.

Déjà l’année passée, plusieurs médias avaient dénoncé le fait que le Gouverneur Daniel Bumba redécorait simplement les engins laissés par Ngobila, en remplaçant les logos de “Kinshasa Bopeto” par ceux de “Kinshasa Ezo Bonga”.

Ces dénonciations, autrefois qualifiées de “rumeurs”, viennent aujourd’hui d’être confirmées avec éclat.

Dans le cas contraire, que le Gouverneur Daniel Bumba prouve le contraire de chaque point évoqué ici devant les institutions compétentes : l’Inspection Générale des Finances (IGF), la Cour des Comptes et l’Assemblée Provinciale de Kinshasa.

Les œuvres de Gentiny Ngobila parlent encore malgré son départ de la Ville de Kinshasa, le Gouverneur honoraire continue d’impacter la capitale par ses œuvres concrètes.

Les camions de la société turque Albayrack spécialisée en assainissement, acquis sous son mandat, sont déjà à Kinshasa pour renforcer l’assainissement de la ville et rendre la capitale plus propre.

Pour rappel, ces engins ont été obtenus grâce au partenariat scellé entre la Ville de Kinshasa et la société Albayrack, avec les fonds propres de la Ville, sous le leadership de Gentiny Ngobila Mbaka et avec l’appui du Président de la République, Félix Tshisekedi. C’est dans ce cadre que ces engins ont été achetés.

Voilà la vraie continuité, la vraie action, la vraie vision.

Les œuvres de l’Honorable Sénateur Gentiny Ngobila Mbaka parlent et parleront toujours à sa place.

Kinshasa mérite mieux que la tromperie. À ce stade, une question se pose : que vaut la parole d’un dirigeant qui commence son mandat par le mensonge ?

Si Daniel Bumba est capable de s’approprier le travail d’autrui, qu’en sera-t-il demain des finances, des marchés publics, et des projets à venir ?

La vérité est simple : Gentiny Ngobila a laissé ces engins.

Les Kinois le savent, les images le prouvent, et l’histoire l’atteste.

Tenter de les repeindre pour s’en attribuer le mérite, c’est vouloir effacer une œuvre par jalousie, un acte de duplicité politique que la conscience urbaine de Kinshasa ne peut tolérer.

Un signal d’alarme pour les institutions. Il est temps que les organes de contrôle — IGF, Cour des Comptes, Assemblée Provinciale — se saisissent de ce dossier.

La Ville de Kinshasa et l’État congolais ne peuvent rester victimes de ce type de supercherie administrative.

Chaque engin, chaque projet, chaque dépense publique doit être traçable, vérifiable et documentée.

Repeindre n’est pas gouverner. Daniel Bumba vient de rappeler à la population que certains politiciens préfèrent le mensonge cosmétique à la vérité structurelle.

Mais le peuple de Kinshasa n’est plus dupe : on ne nettoie pas la ville en salissant la vérité.

Kinshasa n’a pas besoin de maquillage politique. Elle a besoin de dirigeants vrais, cohérents et respectueux de la mémoire collective.