Nous, politiciens congolais — du pouvoir comme de l’opposition — avons une dette morale envers notre peuple. Nous devons nous repentir.
Comment pouvons-nous rester silencieux alors que, dans un pays dont 80 % du budget dépend des minerais bruts, le Président brade nos ressources contre un hypothétique soutien géopolitique ? Félix Tshisekedi, qui a échoué sur tous les fronts — agriculture, élevage, routes, paix, électricité —, se promène à travers le monde, non pour chercher sincèrement la paix, mais pour sécuriser un soutien international afin de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat.
Les minerais qu’il négocie dans le dos du peuple ne lui appartiennent pas. Ils appartiennent à la République. Ils définissent l’avenir du Congo, et même son présent. Mais personne ne l’arrête, pas même l’opposition, engluée dans une bourgeoisie confortable.
Notre malheur, c’est que la politique en RDC est devenue le jeu des riches. Ceux qui étaient pauvres hier se sont enrichis au pouvoir ; ceux qui sont aujourd’hui dans l’opposition ont, eux aussi, profité du système. Tous se taisent, car leurs enfants étudient à l’étranger, leurs familles sont à l’abri. Alors, peu importe si le pays est vendu — tant que leurs intérêts sont préservés.
Mais la politique n’est pas une rente. Elle devrait être une vocation, une passion, une obsession pour le bien commun. Un appel qui dépasse les egos, les calculs, et les comptes bancaires.
Tshisekedi avait une carte gagnante entre les mains : le dialogue proposé par la CENCO, soutenu par tous. Mais il a choisi l’arrogance, le mépris, la fermeture, et aujourd’hui, le pays s’enfonce plus profondément dans le chaos. Pire encore, il tente de troquer la sécurité nationale contre nos minerais, dans une forme de marchandage indigne et dangereux.
Et nous, fils et filles de l’Est, que faisons-nous ? Nos convictions politiques ne suffisent plus. La douleur de notre peuple doit devenir notre boussole.
À Kabila, Katumbi, Kamerhe, Matata, Nanga… ce message s’adresse à vous. Si vous avez encore une parcelle d’amour pour ces terres martyrisées depuis plus de 30 ans, trouvez-vous un lieu — quelque part dans l’Afrique de l’Est —, réunissez-vous, et osez rêver pour ce peuple oublié. Osez construire un plan de salut. Osez porter ce destin, car Tshisekedi ne nous donnera pas la paix.
Notre avenir dépend de nous. Et le temps d’agir, c’est maintenant.
Patrick Mundeke
Cadre du Parti politique Ensemble pour la République
