À quelques heures du début des négociations directes entre le gouvernement congolais et les rebelles, le prix Nobel Denis Mukwege désapprouve ouvertement cette démarche pour préconiser l’organisation d’une conférence internationale sur la République Démocratique du Congo.
Dans déclaration faite samedi dernier, Denis Mukwege soulève le caractère international du conflit, affirmant que la crise ne se limite pas à un problème interne à la RDC. Dans sa plaidoirie, il souligne l’implication du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi, ainsi que l’engagement de la SADC et de l’EAC.
En outre, le Prix Nobel relève également l’intérêt stratégique de puissances étrangères et d’acteurs privés dans l’exploitation des minerais critiques du sous-sol congolais, utilisés dans les industries de la transition numérique et énergétique, de la défense et du spatial.
Dans sa déclaration, Denis Mukwege considère les négociations directes entre Kinshasa et le M23 comme « une erreur de diagnostic majeure ».
Pour lui, sans un cadre international structuré, les négociations de Luanda peuvent être considérées comme l’ignorance des réalités du terrain, voire une trahison de la Nation.
Dans son approche, Denis Mukwege Denis Mukwege martèle sur la tenue d’une conférence internationale qui permettra la revitalisation l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba et la création d’une plateforme de haut niveau pour établir une feuille de route concertée entre les acteurs nationaux, régionaux et internationaux.
Il appelle également à renforcer les mécanismes de suivi de cet accord, avec le soutien des pays et institutions partenaires de la RDC, en particulier les co-garants de l’Accord-Cadre.
L’ancien candidat à la présidentielle du 23 décembre 2024 martèle sur l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui exige un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel et demande à la Force de défense rwandaise de cesser tout soutien au M23 et de se retirer immédiatement du territoire congolais. Il invite également la communauté internationale à intensifier les pressions pour faire respecter ces engagements.
Connaissant par cœur l’histoire politique de la République Démocratique du Congo, Denis Mukwege Mukwege tire la sonnette d’alarme sur le danger d’un dialogue sous la menace des armes, affirmant que cela reviendrait à institutionnaliser la loi du plus fort et à légitimer l’agression et l’occupation illégale de la RDC.
D’après Denis Mukwege, des négociations directes pourraient intervenir une fois que ce cadre international sera solidifié et que les responsabilités des différentes parties seront clairement établies. À ce stade, ces discussions devraient inclure tous les groupes armés, le M23, la société civile, les partis politiques et le gouvernement congolais.
Il reconnaît les efforts diplomatiques du président angolais João Lourenço, mais souligne que toute démarche doit être menée dans le respect des principes fondamentaux de la Charte de l’Union Africaine, garantissant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
Mukwege met en garde contre les erreurs du passé et invite les acteurs impliqués à éviter toute compromission qui pourrait hypothéquer le droit du peuple congolais à disposer de lui-même et à vivre en paix.

