Diabolisé dans l’opinion, pointé du doigt accusateur comme prédateur financier, présenté comme le mal congolais, Nicolas Kazadi a eu la vie sauve grâce à une étude minutieuse de son dossier par les magistrats.
Présenté comme responsable de la surfacturation des prix dans l’achat des lampadaires et la construction des forages, l’ancien argentier national a décidé de sortir du silence pour fixer l’opinion sur ce qu’il qualifie d’une « cabane politique » visant à ternir son image.
«Maintenant, justement, j’ai commencé par être condamné par l’opinion à la suite d’une manipulation médiatico-politique. Et donc, lorsqu’on se retrouve au fond de l’eau, qu’est-ce qu’on fait? On se laisse couler, on va jusqu’au fond et dès qu’on arrive au fond, on tape le pied sur le plancher et on remonte. Donc, je n’avais pas d’autres choix que d’attendre ce moment-là. Mais depuis le début, il n’y avait aucun doute, en ce qui me concerne, sur le fait qu’il ne s’agissait rien que d’une cabale politique et que le temps viendrait où tout s’éclaircirait. Et ça n’a pas traîné parce que déjà, au cours de l’instruction, tout montrait très bien que ça ne tenait à rien», lâche-t-il.
Et d’ajouter : «C’était une démarche politique qui s’est appuyée sur une justice malade. Mais Dieu merci, c’était tellement gros que les magistrats eux-mêmes ont dit : Non, il n’y a pas matière, ce n’est pas possible».
Actuellement député national, élu de Miabi, Nicolas Kazadi se considère comme le meilleur ministre des finances que le Congo ait connu. Il estime qu’il fait partie de ces innocents faussement accusés pour leurs bonnes actions en faveur du pays.
À l’en croire, les réformes menées dans son secteur et saluées par le Chef de l’État qui a déclaré même dans une interview que l’image de l’ancien argentier national était « jetée en pâture » ; ainsi que son combat contre la corruption ont fait de lui l’homme à abattre.
«Ce qui est certain, c’est que je suis le seul ministre de l’histoire à amener ce pays à ces résultats-là en termes de gouvernance financière, en termes de réhabilitation de l’image et du prestige du pays à l’extérieur. Je suis le seul ministre qui a triplé le budget de l’État en si peu de temps…Et donc tous les phares sont sur moi. Et ensuite, lorsqu’on est ministre des Finances avec autant d’appétit à la veille d’une élection, vous voyez un peu tous les appétits qu’il y a sur le Trésor. Et moi, mon rôle, c’est souvent de dire non. Et donc, j’ai potentiellement beaucoup de gens qui ont des comptes à régler avec moi. Mais plus que tout ça, à mon avis, le vrai problème, c’est que j’ai mis en place une politique de lutte contre la corruption, contre les mafias qui était réellement structurée, systémique, intelligente et basée sur la transparence à tous les niveaux», dit-il.
Dans la même sortie médiatique, Nicolas Kazadi révèle avoir été confronté avec Jules Alingete, Inspecteur en Chef de l’Inspection Générale des Finances, devant le chef de l’État qui a décelé des problèmes dans ces contrats d’installation des forages et lampadaires.
D’après Nicolas Kazadi, lors de cette confrontation, Jules Alingete «avait affirmé qu’il n’avait rien avoir dans ce dossier».
Il sied de rappeler que le procès relatif à l’affaire forages et lampadaires a démarré depuis le lundi 04 novembre dernier. Sir le banc des accusés, l’on retrouve Mike Kasenga et François Rubota.
