Invité du Journal Afrique ce mardi 11 novembre, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a procédé au décryptage de l’évolution des accords de paix entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, dont les assises sont en cours.
Alors que certaines langues restent sceptiques sur la matérialisation de ces accords sur terrain, le porte-parole du gouvernement fait preuve d’un grand optimisme, indiquant au passage que l’évolution de ces assises a atteint déjà la phase d’atterrissage.
« À Washington comme à Doha, nous connaissons des progrès. Dans les discussions de la semaine dernière à Washington, nous avons signé le paraphe du Cadre d’Intégration Régionale en attendant la signature des ministres des affaires étrangères et plus tard, des Chefs d’État. Ici, nous avons ajouté une clause à savoir : la mise en œuvre de cet accord ne peut avoir lieu que si les engagements pris dans le cadre de l’accord du 27 juin 2025 sont strictement respectés », a réagi le porte-parole du gouvernement.
À la question de la neutralisation des FDLR, Patrick Muyaya révèle qu’il s’agit d’un prétexte fallacieux utilisé par le Rwanda pour justifier la guerre économique imposée à la République Démocratique du Congo.
« La question des FDLR, comme la question des réfugiés, comme la question du discours de haine ; sont des prétextes utilisés par le Rwanda pour camoufler la guerre économique. C’est pourquoi l’accord de Washington règle principalement deux problèmes à savoir : la question des FDLR et les conditions de stabilité dans la région qui vont nous permettre de dynamiter l’économie dans cette partie du pays et partant dans toute l’Afrique. La signature de ces accords poussera les FDLR à à libérer les zones occupées afin de permettre aux congolais de vivre en paix dans leur pays », a-t-il indiqué.
S’agissant de la réouverture de l’aéroport de Goma, Patrick Muyaya martèle qu’il s’agit d’une décision qui dépend exclusivement du gouvernement congolais.
En outre, il annonce que tout est mis en marche pour rouvrir cet aéroport afin de desservir la population en assistance humanitaire.
« La réouverture de l’aéroport de Goma dépend du gouvernement congolais. Si cela n’était pas le cas, il aurait déjà été ouvert. Parce qu’il y a des besoins humanitaires, au niveau du gouvernement nous travaillons étroitement avec les différentes organisations pour mettre en place un mécanisme qui permettra d’autoriser un certain nombre de vols pour apporter de l’assistance humanitaire à la population démunie », a fait savoir Patrick Muyaya.
Dans la même interview, Patrick Muyaya a rejeté en bloc les accusations portées contre Félix Tshisekedi selon lesquelles « il éviterait le dialogue en interne et laisserait pourrir la situation pour ne pas organiser les élections en 2028 « .
À en croire le porte-parole du gouvernement, le Chef de l’État travaille d’abord pour l’aboutissement heureux des processus de Doha et Washington.
« Nous sommes déterminés à faire aboutir d’abord les deux processus. Le Président de la République a été toujours un homme de paix et je ne voudrais pas ici rappeler que c’est lui qui a réconcilié en 2019, le Président Kagame et le Président Museveni. Pour nous, cette crise est d’abord sécuritaire et tire son origine de l’agression rwandaise. Le dialogue en interne arrivera plus tard. Il faut d’abord qu’on soit en mesure de régler le problème lié à l’origine de la crise sécuritaire que nous sommes en passe de finaliser. Le Président de la République qui a reçu l’initiative des prêtres a déjà montré sa disponibilité », a dit le porte-parole du gouvernement.
Rappelons que la République Démocratique du Congo et le Rwanda ont paraphé le Cadre d’Intégration Économique Régionale le 07 novembre dernier.
