À travers une lettre ouverte, le Sénateur Salomon Kalonda invite le Président de la République, Félix Tshisekedi, à ne pas promulguer la loi portant organisation du référendum en République Démocratique du Congo.

Pour la deuxième fois après la première lettre ouverte du 15 juin dernier, l’élu du Haut-Katanga au Sénat appelle le pouvoir en place à la retenue dans ce contexte marqué par l’instabilité de la situation sécuritaire.

Dans sa nouvelle lettre, le Sénateur Salomon Kalonda fustige « le mépris » ayant caractérisé le vote de loi en raison de l’absence de l’opposition durant la plénière.

« Vendredi 23 octobre, l’Assemblée nationale a de nouveau adopté cette loi, après le renvoi du texte par le Chef de l’État et la prise en compte des treize réserves d’interprétation de la Cour constitutionnelle. Elle l’a fait, une fois encore, sans l’opposition. Une loi qui touche au pacte fondateur de la Nation, votée par un seul camp. Un mépris absolu. Qu’on ne s’y trompe pas : corriger la forme ne guérit pas le fond. Treize réserves d’interprétation prises en compte ne transforment pas une mauvaise intention en bonne loi. L’objet reste le même : ouvrir la voie au changement de la Constitution du 18 février 2006 et, derrière lui, à un troisième mandat pour l’actuel Président, ce que cette Constitution interdit formellement », a-t-il réagi.

Ainsi, Salomon Kalonda invite ses collègues sénateurs à faire preuve de sagesse en refusant de valider en seconde lecture, la loi référendaire qui est passée à l’Assemblée nationale comme une lettre à la poste.

« Chers collègues Sénateurs, le texte revient devant nous en seconde lecture. Ce n’est pas une formalité. C’est un rendez-vous avec l’Histoire. Le Sénat est la chambre de la sagesse et de l’équilibre des provinces. Je vous demande de ne pas être la chambre qui a ouvert la boîte de Pandore. Chacun aura, tôt ou tard, à en répondre », a-t-il indiqué.

À Félix Tshisekedi, le Sénateur Salomon Kalonda exige la prudence et la rationalité en lui demandant de ne pas promulguer la loi vu la détérioration de la situation sécuritaire dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.

« Monsieur le Président de la République, vous avez renvoyé ce texte. Le peuple y a vu un signe d’hésitation, peut-être de lucidité. Ne laissez pas passer cette chance. Vous gardez le dernier mot : celui de ne pas promulguer. Pendant que l’Est saigne, que l’État ne contrôle pas une partie de son territoire et que des millions de Congolais vivent déplacés, la priorité ne peut pas être de réécrire la Loi fondamentale. Votre père, Étienne Tshisekedi, et beaucoup d’autres qui nous ont déjà quittés se sont battus pour qu’aucun homme ne se place au-dessus de la Constitution. Ne permettez pas ce qu’ils ont combattu avec constance et acharnement », a-t-il écrit.

Par ailleurs, le Sénateur Salomon Kalonda invite la population congolaise à barrer la route à cette initiative, estimant que la rédaction d’une nouvelle loi fondamentale n’était pas l’affaire d’un seul camp politique.

« Peuple congolais, Je vous prends à témoin. Souvenez-vous des noms de ceux qui auront voté, de ceux qui auront refusé et de celui qui aura éventuellement promulgué. La Constitution de 2006 est le fruit de Sun City, payée du prix du sang de nos compatriotes. Elle n’appartient ni à un parti, ni à un homme. Elle vous appartient. Il est encore temps. Mais, je le crains, plus pour longtemps », a-t-il indiqué.

Pour rappel, l’Assemblée nationale a voté vendredi 23 octobre dernier, la loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République Démocratique du Congo, après les exceptions soulevées par la Cour Constitutionnelle.

By Hervé Itoma

Directeur Général