Le chemin de la Croix se poursuit pour Salomon Idi Kalonda Della, conseiller spécial de Moïse Katumbi.
Ce jeudi 02 novembre, son procès s’est poursuivi à la Cour militaire de Kinshasa/Gombe siégeant à la prison militaire de Ndolo, en son absence, car très affaibli par la maladie et admis depuis quelques semaines pour des soins dans un centre de santé de la place.
Pour cette nouvelle audience, l’état de santé du Conseiller spécial du candidat Moïse Katumbi a été au cœur du débat marqué par des joutes entre l’accusation et la défense.
La Cour a lu le courrier lui adressé par le médecin responsable de la clinique où le prévenu est interné, dans lequel est mise en évidence l’impossibilité d’extraire Salomon Kalonda de l’hôpital pour l’audience de ce jeudi.
«Vue l’instabilité de santé de Monsieur Salomon Kalonda, notamment vu le risque d’un accident vasculaire cérébrale hémorragique ou toute autre complication liée à son état de santé, je déconseille son extraction de la clinique et je ne saurai pas le faire extraire pour ce jeudi 2 novembre 2023», a souligné le médecin.
L’accusation a réagi après cette lecture en sollicitant que Salomon Kalonda soit jugé sur son lit d’hôpital. Indignation de la défense dont les membres ont crié à l’acharnement et au manque d’humanisme, avant de réclamer une remise de trois mois pour une bonne prise en charge du patient.
A en croire les avocats de l’opposant Salomon Kalonda, près de 20 médecins requis pour la contre-expertise contestée par l’accusation ont confirmé le premier rapport médical établissant que le prévenu est bel et bien souffrant, et plaidant en faveur des soins de santé appropriés.
«Il ne s’agit pas pour le prévenu d’esquiver votre Cour, ni de s’échapper à répondre des faits qui sont mis à sa charge. Il est malade et c’est avéré. Appréciez ce rapport, et faire droit à une demande du ministère public serait tout simplement inhumain», a encore plaidé la défense. La Cour militaire se prononcera le 8 novembre prochain sur cette demande.
Jugée drôle et inhumaine par la défense, la requête du Ministère public rappelle la scène insolite montrant comment l’actuel vice-gouverneur Udps de la ville de Kinshasa, Gecoco Mulumba, avait été jugé depuis sa chambre sous Joseph Kabila. Ces images montrant dans un hôpital plus des blouses des juges et avocats plutôt que celles des médecins et infirmiers avaient choqué le monde, provoqué une grande clameur publique et contribué à ternir l’image du pouvoir en place à l’époque.
