Le président Kabila s’érige en donneur de leçons de bonne gouvernance et de respect des droits de l’homme. Le tableau lugubre, maussade et macabre qu’il peint du pouvoir actuel de Félix Tshisekedi correspond curieusement à son propre régime lorsqu’il était au pouvoir. Pour un observateur averti et objectif, son discours produit un effet boomerang qui lui revient en pleine figure.

Cela révèle que le président Kabila souffre d’amnésie générale et croit que la majorité du peuple congolais souffre de la même maladie, que ce peuple oublie tous les crimes innombrables, innommables et invraisemblables perpétrés par son régime.

Sans citer de manière exhaustive les crimes commis par le régime de M. Kabila, je peux épingler les massacres du 19 septembre 2016. J’en suis un rescapé, un témoin oculaire et auriculaire de ce massacre planifié par lui et exécuté de main de maître par le général de pacotille, de parade et de façade Gabriel Amisi, dit Tango Fort. Ce jour-là, plusieurs personnes ont été tuées à bout portant par les soldatesques à la solde du pouvoir. Les victimes n’étaient que des manifestants pacifiques qui réclamaient simplement l’organisation des élections. C’est au cours de cette manifestation que les sbires de Kabila, sous les ordres du général Amisi, ont calciné neuf combattants de l’UDPS. Révolté par l’ampleur de ce crime, j’avais porté plainte contre Kabila à la Cour suprême de justice et saisi la CPI par une dénonciation.

Le dialogue convoqué par le Chef de l’État Félix Tshisekedi, sous la pression de l’opposition, de la communauté internationale, de la CENCO et de l’ECC, est une chance et une bonne occasion pour Kabila de s’amender et de se réconcilier avec le peuple congolais qu’il a maltraité durant son règne.

Quant à ce qu’il promet de faire pour mettre fin au régime du président Félix, je lui conseille de se référer à la sagesse de Wole Soyinka, prix Nobel, qui disait : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie. » Un général français à la retraite disait : « Une guerre avisée ne tue même pas les aveugles. »

La solution à la crise multidimensionnelle, multisectorielle et multiforme que connaît notre pays peut se trouver dans un dialogue inclusif et sincère, sous la médiation de la CENCO, de l’ECC, des musulmans, de l’ERC et des kimbanguistes, avec l’encadrement de la communauté internationale.

 

Moïse Moni Della

Président des CONADE

Porte-parole du peuple