En décidant de rencontrer le Président Félix Tshisekedi, après leur conclave tenu à Rome, le C64 affiche une position médiane et se positionne comme médiateur de la crise qui déchire le pays, sans condamner l’irrédentisme de Kabila soutenu par le Rwanda.

Il n’y a pas longtemps, ces compatriotes aujourd’hui réunis au sein du C64 diabolisaient tous ceux qui tentaient de se rapprocher du Président Félix Tshisekedi. Lorsque je suis allé répondre à l’appel patriotique et pathétique du Président de la République après la chute de Bukavu, à la consultation dirigée de main de maître par son Conseiller Spécial, le Professeur Eberande, assisté par l’Honorable Taupin Kabongo, j’ai été traité de traître pour y avoir participé, consultation qu’eux-mêmes avaient décidé de boycotter pour leurs intérêts. Comme si je devais demander leur autorisation et avoir leur procuration pour répondre à l’appel du Chef de l’État, oubliant que je suis Président d’un parti politique légalement constitué, ancien membre du Gouvernement, ancien mandataire de l’État, une personnalité ayant un poids politique et historique indéniable.

À la sortie de la consultation, j’avais déclaré à la presse : « Je suis venu répondre à l’appel patriotique et pathétique du Chef de l’État. La maison RDC brûle, c’est un devoir pour tout Congolais, en dépit de nos divergences et différences, d’éteindre le feu. Si on ne fait pas attention, notre pays risque de connaître la yougoslavisation. » J’avais renchéri en disant que mon comportement est dicté par l’intérêt général, sinon la politique n’a ni sens, ni consistance, ni substance. Je fais la politique de conscience et non la politique de convenance ou de connivence, inspirée par les valeurs.

Le C64, en décidant de rencontrer le Chef de l’État au jour et à l’heure de sa convenance, je ne dirai pas qu’il a trahi sa conscience et ses convictions, je dis tout simplement qu’il est revenu à la raison, puisque en démocratie le dialogue, l’échange et les consultations sont la sève, le carburant, le sang de ce système qui n’est certes pas parfait, mais qui a entre autres le mérite d’éviter la guerre et les souffrances à la population.

Sans pour autant ressasser le passé, je ne comprends pas cette logique qui fait qu’un groupe de personnes puisse édicter une fatwa pour interdire aux autres de rencontrer le Chef de l’État. C’est eux qui décident du moment et du pourquoi. Maintenant qu’ils décident de le rencontrer, n’est-il plus le diable qu’ils vilipendaient ? La vérité vraie est que personne n’a le monopole de l’opposition ou des propositions. Sans fausse modestie, nous pouvons parler de l’histoire de l’opposition politique congolaise depuis 1983 à nos jours, date à laquelle nous avons adhéré à l’UDPS, cette grande université politique de référence en RDC. Qui a le thermomètre pour mesurer et certifier qu’un tel est opposant et pas un autre ?

Maintenant que les leaders du C64 s’autoproclament médiateurs à partir de Rome, la ville historique et mythique de la démocratie avec la Grèce antique, ils ne peuvent plus être juge et partie, c’est une conséquence logique et politique qui en découle.

Toutes mes félicitations aux amis, frères et compagnons de lutte du C64 pour votre conversion aux vertus de la realpolitik.

 

Moïse Moni Della

Porte-parole du peuple