Porté par Dieudonné Nkishi, le front anti-dialogue est resté camper sur sa position de ne pas considérer le dialogue politique comme une blanchisserie où les péchés des bourreaux de victimes de guerre seront lavés sans autre forme de procès.

Opposé à la logique du partage des postes comme un butin de guerre, le front anti-dialogue en appelle à la mise en place d’une commission Vérité, réconciliation et justice transitionnelle afin que les responsables des atrocités subies par des paisibles citoyens répondent de leurs actes.

« Les millions de victimes des guerres et de l’agression dont notre pays est victime ne réclament ni vengeance ni représailles. Elles réclament la vérité, la justice, la reconnaissance des responsabilités, la réparation des préjudices et les garanties de non-répétition. C’est pourquoi, le Front Anti-Dialogue considère que la première étape concrète du processus annoncé doit être la mise en place d’une Commission Vérité, réconciliation et justice transitionnelle, dotée d’un mandat clair de garanties d’indépendance et de mécanismes permettant d’établir les responsabilités et d’assurer réparation aux victimes. », lit-on dans la déclaration du Front Anti-Dialogue.

Fustigeant l’attitude affichée par certains opposants qui rejettent le format du dialogue présenté par le Président de la République, le Front Anti-Dialogue juge paradoxal le refus de l’opposition d’épouser les contours du dialogue annoncés par Félix Tshisekedi.

« Le Front Anti-Dialogue dénonce également l’attitude de certains opposants congolais, devenus au fil des années de véritables « professionnels du dialogue », qui rejettent aujourd’hui le dialogue proposé par le Chef de l’État non pas nécessairement parce qu’ils seraient opposés au dialogue en soi, mais parce que ce nouveau processus semble vouloir redonner au peuple, à la base et aux forces vives de la Nation une place centrale dans la définition de l’avenir du pays », poursuit la déclaration.

En outre, le Front Anti-Dialogue réitère sa détermination à combattre tout dialogue qui permet à certains acteurs de se refaire une santé politique et financière, en défaveur de l’intérêt général.

« Ce que nous contestons depuis toujours, ce n’est pas la recherche de la paix, de la cohésion nationale ou de l’intérêt général. Nous contestons le modèle de dialogue centré sur les individus, leurs ambitions, leurs positionnements, leurs carrières et leurs intérêts politiques », précise la déclaration du Front Anti-Dialogue.

Pour l’heure, la classe politique retient son souffle en attendant la signature de deux ordonnances présidentielles relatives à la convocation et la mise en place d’un comité d’organisation du dialogue.

By Hervé Itoma

Directeur Général