Cueilli comme un malfrat le dimanche 21 mai devant son domicile en violation systématique de la procédure, cagoulé, torturé puis conduit à une destination inconnue avant de se retrouver au cachot du casier judiciaire pour être transféré plus tard au parquet, Mike Mukebay continue de subir la loi du plus fort.

Déposée depuis le 1er juin, l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par la défense du député provincial de Lingwala Mike Mukebay n’a jamais été examinée par la Cour Constitutionnelle. Par contre, la même Cour a déjà dans un temps record, rendu son arrêt sur la requête de Godé Mpoyi portant sa déchéance par l’Assemblée Provinciale de Kinshasa déposée quelques semaines après celle de Mike Mukebay. Deux poids deux mesures au sommet de la magistrature RDC.

À en croire les juristes, cette attitude des magistrats de la Haute Cour viole systématiquement l’esprit de l’article 19 alinéa 2 de la constitution qui stipule que : “Toute personne a le droit à ce que sa cause soit entendue dans un délai raisonnable par le jugement compétent.”

Dans un État dit de droit, les communs des mortels s’étonnent de la justice à géométrie variable qui bat son plein en République Démocratique du Congo en dépit de la déception du Chef de l’État qui a déclaré publiquement et sans ambages que « la justice congolaise détruit la nation en lieu et place de l’élever ».

Sommes-nous toujours dans un État de droit au moment où les juges ne sont plus soumis à l’autorité de la loi? C’est la question qui reste suspendue sur toutes les lèvres au regard du dysfonctionnement légendaire de l’appareil judiciaire congolais.

Trois mois presque, Mike Mukebay reste clouer en prison et soumis aux humeurs des hommes en toges comme si de rien n’était!

By Hervé Itoma

Directeur Général