Régler des comptes politiques sous le couvert du sacerdoce, voilà le véritable agenda qui secoue aujourd’hui les coupoles de l’Église catholique en République Démocratique du Congo.
l’opinion publique découvre, stupéfaite, un véritable manifeste politique taillé sur mesure. Au centre de ce séisme : Monseigneur Fulgence Muteba. Le président de la CENCO est ouvertement accusé d’avoir transformé l’institution ecclésiastique en une arme de destruction massive contre le pouvoir de Félix Tshisekedi, non pas pour défendre la loi fondamentale, mais pour orchestrer le retour des rebelles aux affaires.
Le combat actuel de Mgr Muteba pour le respect de la Constitution souffre d’une amnésie historique flagrante. Comment l’Église peut-elle se draper en gardienne d’un texte qu’elle a elle-même combattu par le passé ? L’ancien président Joseph Kabila l’avait lui-même révélé lors d’une de ses conférences de presse : l’Église catholique s’était farouchement opposée à cette même Constitution.
La cohérence doctrinale cède ici la place à un opportunisme politique flagrant. Le véritable dessein de Mgr Muteba s’est dessiné lors de la fameuse “réconciliation Kabila-Katumbi” qu’il a lui-même orchestrée. L’une des résolutions majeures de cette messe noire katangaise était le retour au fédéralisme. Or, pour basculer vers le fédéralisme, une révision ou un changement de Constitution est indispensable. Cherchez l’erreur : l’évêque refuse à Kinshasa ce qu’il planifie en secret pour Lubumbashi.
