Depuis Bruxelles où il séjourne, le Sénateur Salomon Kalonda, à travers une lettre ouverte adressée au Président de la République, Félix Tshisekedi, hausse le ton contre l’adoption de la loi sur l’organisation du référendum en République Démocratique du Congo.
Pour l’élu du Haut-Katanga au Sénat, cette loi est « inopportune » et constitue également une « faute historique », car, dit-il, elle va à l’encontre du combat mené par les treize parlementaires pour l’instauration de la démocratie en République Démocratique du Congo.
« En soumettant cette proposition de loi à nos deux chambres, votre regroupement politique commet un parjure qui va au-delà du simple calcul politique. C’est une trahison à la mémoire de treize parlementaires parmi lesquels figure en tête de liste, le patriarche Étienne Tshisekedi wa Mulumba, votre père biologique. Comment peut-on prétendre honorer cet héritage tout en réinstallant les mécanismes mêmes que ces pères de notre démocratie ont combattu au prix de leur vie ? C’est une insulte au sang de nos martyrs », tranche le Sénateur Salomon Kalonda.
Dans sa lettre, le natif du Maniema fait savoir à Félix Tshisekedi que le contexte sécuritaire actuel, marqué par l’agression rwandaise et l’occupation de nos territoires par des forces négatives, n’est pas favorable à l’organisation d’un référendum.
« Notre pays est de facto divisé. L’Etat central n’a pas la souveraineté sur une partie majeure de l’Est du territoire. Dans ce contexte, l’urgence ne saurait être aux ambitions de conservation du pouvoir. Organiser un référendum dans cet environnement, c’est entériner cette division du pays que rien ne saurait justifier », prévient le Sénateur.
Sans ambages, Salomon Kalonda indique que l’intention réelle derrière le projet de référendum consiste à offrir un nouveau mandat à Félix Tshisekedi dont le mandat constitutionnel à la tête du pays arrive à son échéance en 2028.
« Soyons lucides sur l’objectif réel de cette manœuvre : ouvrir la voie à un troisième mandat. Dans le climat de fragilité extrême qui est le nôtre, un passage en force constitutionnel présente un risque d’une gravité exceptionnelle. Changer la constitution pour des intérêts personnels va permettre de multiplier des crises internes, avec comme effets d’offrir sur un plateau d’argent le prétexte de la partition de notre territoire à ceux-là qui disent toujours que le Congo est grand pour ses dirigeants », a écrit le Sénateur Salomon Kalonda à Félix Tshisekedi.
Il sied de noter qu’après l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté en seconde lecture, ce lundi 15 juin 2026, la loi portant organisation du référendum en République Démocratique du Congo, une initiative du député national Paul-Gaspard Ngondankoy.
