Kinshasa, 22 octobre 2026 — Dans le cadre du dialogue républicain et du contrôle parlementaire, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume NGEFA ATONDOKO ANDALI, a été auditionné le mardi 20 octobre 2026 par la commission Suivi et Évaluation de l’exécution des lois, des résolutions, des recommandations et des politiques publiques de l’Assemblée Nationale.
Présidée par l’Honorable MWANZA HAMISSI SINGOMA, cette séance de travail a porté sur l’évaluation de l’efficacité des politiques publiques sectorielles de la justice, principalement axée sur la situation carcérale et les conditions de travail dans la magistrature.
Au cours de son exposé, le Ministre d’État a présenté un état des lieux actualisé des infrastructures pénitentiaires du pays. La cartographie nationale recense un potentiel de 214 prisons, dont 116 subventionnées, 24 non subventionnées et 74 non opérationnelles. Détaillant la situation des établissements surpeuplés, notamment la prison centrale de Makala, le Garde des Sceaux a souligné l’écart entre la capacité d’accueil des structures construites avant l’indépendance et l’évolution démographique de la population pénitentiaire, qui s’élève, au 20 octobre 2026, à 52 095 détenus sur l’ensemble du territoire national. Parmi eux figurent 11 835 condamnés et 40 260 prévenus, ainsi que 80 femmes accompagnées d’enfants ou de nourrissons et 27 femmes enceintes.
Le Ministre d’État a exposé les contraintes budgétaires et logistiques affectant le secteur, citant l’irrégularité du décaissement des fonds alloués à la ration alimentaire et médicale des détenus. Il a annoncé les mesures en cours pour assainir la gestion des approvisionnements, notamment la négociation d’un accord de partenariat avec le Service National et la révision des contrats de fourniture. Il a également fait part de l’avancement des projets d’infrastructures, à l’instar des travaux de la prison moderne de Mbandaka et des réhabilitations ciblées.
Concernant le volet relatif à la magistrature et aux infrastructures judiciaires, Guillaume NGEFA ATONDOKO ANDALI a rappelé les dispositions constitutionnelles et légales régissant le secteur, précisant que la gestion du budget de fonctionnement et de rémunération relève de l’autonomie du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), conformément à la loi. Il a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à accompagner le pouvoir judiciaire par la dotation en infrastructures adéquates et le renforcement du cadre de concertation paritaire avec le CSM.
La séance s’est poursuivie par un échange avec les députés nationaux. Les interventions ont porté sur la couverture judiciaire du territoire, la lutte contre les déserts judiciaires, la présence effective des magistrats dans les juridictions de l’intérieur, les procédures de passation des marchés publics ainsi que la prise en charge des catégories vulnérables. L’initiative d’un projet pilote de prison-école sur le site de l’Île de Bulambemba à Boma, dans la province du Kongo – Central a également été soulevée.
En conclusion, le Ministre d’État a sollicité l’appui de la représentation nationale pour la mise en place d’un fonds spécial de soutien à la justice afin d’accroître les ressources allouées au secteur et de garantir un meilleur accès au droit pour l’ensemble des citoyens.
Cellule de Communication/Ministère de la Justice
