Au cœur des institutions de la justice internationale, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République démocratique du Congo (RDC), Guillaume Ngefa Atondoko Andali a plaidé pour une accélération des enquêtes et des poursuites visant les auteurs, commanditaires et complices des crimes commis dans les territoires occupés de l’Est du pays. Un message porté au nom des millions de victimes qui attendent encore vérité, justice et réparation.

Dans les enceintes de la justice internationale, une conviction demeure : les crimes les plus graves ne sauraient rester sans réponse. C’est dans cet esprit que s’inscrit cette mission de haut niveau, au cœur des institutions chargées de défendre le droit international et de lutter contre l’impunité.

Face aux responsables de la Cour pénale internationale (CPI), la République démocratique du Congo a rappelé que les populations de l’Est du pays continuent de payer un lourd tribut aux conflits armés, aux déplacements forcés, aux massacres de civils et aux violations graves des droits humains et du droit humanitaire international.

Reçu par la Présidente de la CPI, Mme la juge Tomoko Akane, en présence de la Seconde Vice-Présidente, Mme la juge Reine Alapini-Gansou, le Ministre d’État a plaidé pour un renforcement de la coopération entre la RDC et la Cour, ainsi que pour une réponse judiciaire internationale plus rapide et plus efficace face à la gravité des crimes commis sur le territoire congolais. Ceci suppose aussi l’accélération des enquêtes en cours, une documentation renforcée des crimes commis dans les zones sous occupation et une identification rigoureuse des chaînes de responsabilité impliquant auteurs, coauteur, commanditaires et complices.

Au centre des échanges figurait la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC, marquée par l’agression persistante dont le pays est victime, l’occupation de certaines portions de son territoire et les exactions attribuées à la force occupante rwandaise et à ses supplétifs. Le Ministre d’État a insisté sur la nécessité de voir les auteurs, coauteurs, commanditaires et complices de crimes relevant du Statut de Rome répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes, conformément aux principes du droit international. L’établissement des responsabilités, y compris au niveau des chaînes de commandement, demeure une attente essentielle des victimes et une condition indispensable à la lutte contre l’impunité.

Pour la RDC, la justice internationale ne peut se limiter à des principes. Elle doit produire des résultats concrets pour les victimes qui attendent que la vérité soit établie, que les responsabilités soient clairement identifiées et que justice soit rendue. Elle constitue également un levier fondamental pour restaurer la confiance des populations affectée par les conflits et contribuer à l’émergence d’une paix durable fondée sur le droit et la responsabilité.

Cette même préoccupation a guidé les échanges avec M. Mame Mandiaye Niang, Procureur adjoint de la CPI. Les discussions ont porté sur l’état d’avancement des enquêtes en cours, le renforcement de la coopération judiciaire ainsi que sur la mise en œuvre du principe de complémentarité entre les juridictions nationales et la Cour pénale internationale. À cet égard, la RDC a réaffirmé sa volonté de renforcer ses propres capacités judiciaires tout en s’appuyant sur les mécanismes internationaux prévus par le Statut de Rome pour la poursuite des crimes les plus graves.

Au-delà des procédures judiciaires, ces rencontres ont mis en lumière un enjeu fondamental : la capacité de la communauté internationale à faire respecter le droit international lorsque des populations civiles sont victimes de crimes graves dans des contextes de conflit armé. Pour la RDC, la lutte contre l’impunité doit demeurer un principe universel, appliqué avec la même détermination à tous les auteurs de crimes internationaux, sans distinction ni considération politique.

Au-delà des échanges consacrés à la justice pénale internationale, la mission a également permis d’aborder la modernisation des outils d’enquête et le renforcement des capacités techniques du personnel judiciaire congolais.