En marge de la célébration du sixième anniversaire de son parti politique Ensemble pour la République, Moïse Katumbi a signé une déclaration politique dans laquelle il s’insurge contre la gestion peu « désastreuse » du pays.
Pour cet opposant à Félix Tshisekedi, aucune amélioration n’a été observée tant dans le vécu quotidien des congolais que dans la gestion de la chose publique.
« Jamais le fossé n’a été aussi profond entre l’État et la population. Pendant que la corruption atteint des niveaux sans précédent, détournements massifs, marchés publics truqués, pillage des ressources naturelles, l’État est incapable de remplir ses missions les plus élémentaires: éducation, santé, sécurité, accès à l’eau potable et à l’électricité. Près de 85 % de congolais vivent dans la pauvreté extrême. Nos enfants meurent de faim et de maladies évitables. Nos routes sont impraticables si pas inexistantes. Le système éducatif est inadéquat avec des écoles manquant de tout. Et pendant ce temps, une oligarchie prédatrice s’enrichit sans vergogne sur le dos du peuple. Cette situation n’est ni normale, ni acceptable et ne peut perdurer », a dit Moïse Katumbi.
Tout en apportant son soutien aux différentes initiatives diplomatiques entreprises pour régler le conflit dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, Moïse Katumbi accuse Félix Tshisekedi d’avoir gérer avec légèreté ce sujet.
Pour lui, le dialogue politique sous l’égide de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo et de l’Eglise du Christ au Congo demeure la voie de sortie de crise.
« Ensemble pour la République réaffirme solennellement que seul un dialogue inclusif, sincère et courageux, traitant des causes profondes des conflits peut conduire à une paix durable. Ce dialogue devra associer toutes les parties prenantes congolaises : le Gouvernement, l’opposition politique non armée, l’AFC/M23 et la société civile dans toute sa diversité, sous l’égide morale et spirituelle des confessions religieuses, notamment l’ECC et la CENCO, dont l’engagement constant pour la paix, la vérité et la réconciliation a toujours été en faveur du peuple. Il est incompréhensible que ce dialogue, qui est la clé de la résolution de la crise actuelle, tarde encore à être convoqué. Exclure, diaboliser ou criminaliser le dialogue, c’est opter pour une impasse. On ne fait pas la paix avec ses amis, mais avec ceux avec qui l’on est en conflit », lit-on dans la déclaration de Moïse Katumbi.
Faisant allusion à la suspension des partis politiques, aux arrestations de certains opposants et aux perquisitions menées dans les résidences de l’ancien Président Joseph Kabila, Moïse Katumbi hausse le ton contre la « dérive dictatoriale » et promet de mobiliser sa base pour « mettre fin à ces bavures ».
« Pendant que le pays s’enfonce et que la guerre fait rage, le régime en place se perd chaque jour davantage dans une dérive autoritaire qui bafoue les principes de notre Constitution et de nos engagements internationaux. Ensemble pour la République prend un engagement clair et irrévocable : mobiliser toutes ses énergies pour mettre fin aux dérives actuelles et ramener le pays à la légalité constitutionnelle. La liberté et la démocratie ne se mendient pas. Elles se conquièrent par l’engagement, l’unité et le courage », a-t-il déclaré.
Signalons que Moïse Katumbi vit en exil « forcé » d’après ses proches .
