Désignés dans la contestation, Denis Kadima et l’énsemble du bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante peinent à créer le climat de confiance avec les parties prenantes au processus électoral.
Dans un communiqué publié ce jeudi 11 mai, la mission d’observation électorale CENCO-ECC monte au créneau pour fustiger la méthode dangereuse imposée par le bureau de la CENI dans le dossier relatif au nettoyage du fichier électoral.
À travers son appel à candidatures lancé il y a quelques jours, la Commission Electorale Nationale Indépendante annonçait le recrutement par elle-même des consultants pour l’audit du fichier électoral qu’elle va elle-même organiser. Réagissant à cette mesure, la mission d’observation électorale CENCO-ECC rappelle à la CENI qu’elle est en situation de conflit d’intérêt d’autant plus qu’elle ne peut être à la fois juge et partie.
En outre, la mission d’observation électorale CENCO-ECC juge « insuffisante le délai de six jours accordés à ces travaux axés notamment sur l’analyse du cadre juridique et réglementaire dont toutes les procédures y afférentes, l’évaluation de l’unicité de chaque électeur de l’échantillon, l’évaluation de l’inclusivité, l’exactitude et l’exhaustivité du fichier ainsi que la rédaction de différents rapports », peut-on lire dans le communiqué de la mission d’observation électorale CENCO-ECC.
Pour la Conférence Épiscopale Nationale du Congo et l’Église du Christ au Congo, la méthode amorcée par Denis Kadima contribuera à crisper davantage le processus électoral, déjà qualifié de non crédible par les différentes parties prenantes.
« L’équipe qui sera mise en place par la CENI ne sera pas indépendante et son rapport pourrait être manipulé ou orienté. En conséquence, il y a risque élevé de ne pas trouver de consensus sur le fichier électoral, la méfiance entre les acteurs politiques va être renforcée et la confiance du public au processus électoral va de plus en plus se détériorer. In fine, la crédibilité du processus électoral et des résultats qui en résulteront sera de plus en plus entamée », poursuit le même communiqué.
Ainsi, la mission d’observation électorale CENCO-ECC craint que le décor de contestation des résultats électoraux soit planté bien avant la tenue même des scrutins en question.
Par ailleurs, la CENCO et l’ECC annoncent la publication de leur rapport sur le fichier électoral pour le lundi 15 mai 2023 et disent attendre les réponses à leur questionnaire soumis lors des journées portes ouvertes organisées par la CENI la semaine dernière.
Pour rappel, après le refus de l’Organisation Internationale de la Francophonie de procéder à l’audit externe du fichier électoral, Denis Kadima et son équipe ont lancé un appel à candidatures pour recruter les consultants capables de procéder à l’audit externe de l’actuel fichier électoral.
