Moïse Katumbi, Delly Sessanga et Augustin Matata Ponyo ont saisi le Président de la République à travers une correspondance pour exiger la démission du Président de la Cour Constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta ; ainsi que celle du juge Sylvain Lumu.

Dans leur correspondance, les trois personnalités s’inscrivent en faux contre le déroulement de l’instruction dont la procédure est violée « à dessein », un fait qui s’illustre par des sorties médiatiques du Procureur Général près la Cour de Cassation qui communique de temps en temps sur l’affaire, en violation de la loi.

«La loi vous interdit, durant vos fonctions, de prendre une position publique ni de donner une consultation sur des questions ayant fait ou susceptibles de faire l’objet de décision de la Cour. Faute de cela sur pied de l’article 30 de la loi organique, il y a commission d’une faute disciplinaire sanctionnée conformément aux dispositions du statut des membres de la Cour», peut-on lire sur la lettre parvenue à la rédaction de Profondeur.net.

Par conséquent, ils demandent à ces deux juges de se rendre à la justice et de démissionner.

«Dans le cas de l’honorable Chérubin, vous devriez vous mettre à la disposition de la justice pour l’éclairer plutôt que de vous répandre dans les médias. Par ce fait, sur base des articles 22, 23 et 24 de l’ordonnance n° 16-070 du 22 août 2016 portant dispositions relatives au statut particulier des membres de ladite Cour, du fait des violations de votre devoir de réserve ainsi que de retenue et de la suspicion légitime sur les circonstances de cette invitation et de cet enlèvement, la seule option plausible est votre démission de la Cour», indique la lettre.

Et d’ajouter : «Pour ces raisons, nous requérons par cette missive le dépôt simplement de votre démission afin d’aider la justice, au terme d’une enquête indépendante, d’établir, dans la sérénité et l’indépendance, les responsabilités des uns et des autres».

Rappelons que lors de son récent séjour à Kinshasa, Moïse Katumbi a multiplié des contacts avec plusieurs organisations à l’instar de la Monusco et de l’Union Européenne, pour obtenir leur implication dans le déroulement des enquêtes afin que la lumière soit faite sur l’assassinat de Chérubin Okende.

Deux semaines après son meurtre, il s’observe une lenteur dans la mise en œuvre de ces enquêtes en dépit de l’arrestation du garde du corps de Chérubin Okende, présenté par la justice comme premier suspect.

En attendant, le corps de l’ancien Ministre des transports est toujours gardé à la morgue de l’hôpital du cinquantenaire.

By Hervé Itoma

Directeur Général