Jeté en prison et privé jusqu’à ce jour de l’assignation en résidence surveillée pour avoir dénoncé les abus du régime Tshisekedi, Jean-Marc Kabund a vu son affaire avec la justice être traitée dans une célérité exceptionnelle alors que la même justice donne l’impression d’ignorer un autre dossier plus flagrant qui incrimine Vidye Tshimanga.

Au cœur d’un scandale qui n’honore nullement l’image de toute une Nation, Vidye Tshimanga, désormais ex conseiller du président de la République, qui bénéficie encore de la présomption d’innocence continue de circuler librement sans être inquiété en dépit de la gravité des faits pour lesquels il est accablé.

Apparu dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux entrain de négocier avec des prétendus investisseurs autour des questions minières, l’ancien conseiller stratégique du chef de l’État a étalé noir sur blanc comment s’organisent la mafia, la fraude et la corruption.

Pris la main dans le sac, Vidye Tshimanga qui a jeté l’opprobre sur les efforts fournis par Félix Tshisekedi dans la lutte contre la corruption est jusqu’à présent exempté de toute sanction malgré sa démission annoncée vendredi 16 septembre dernier.

La justice n’est-elle pas informée de la situation?

Le fonctionnement de l’appareil judiciaire congolais laisse à désirer.

Nul n’ignore la rapidité avec laquelle le dossier Jean-Marc Kabund dont le seul péché commis était son excès de langage, a été expédiée, au niveau de la justice au point de se retrouver entre les quatre murs de Makala au lendemain de sa sortie médiatique.

Plus de 3 jours depuis la sortie de la vidéo qui accable Vidye Tshimanga, c’est un silence de cimetière qui règne du côté de la justice alors que c’est la République entière qui a été offensée par le comportement irrévérencieux de ce proche collaborateur du chef de l’État.

Les déboires de la justice congolaise dépassent l’entendement des communs mortels au regard de sa passivité sur certains sujets pourtant flagrants.
L’on va se rappeler d’un autre conseiller du chef de l’État nommé Lobo, qui a passé un bref séjour à Makala pour une histoire de corruption et trafic d’influence mais relaxé dans une circonstance louche ; le cas de l’ancien ministre de la santé Eteni Londo, accusé des faits de détournement également relaxé et l’affaire est restée sans suite jusqu’à ce jour ; le dossier Willy Bakonga qui a quitté la prison de la manière la plus ambiguë…la liste s’avère très longue pour décrire le fonctionnement à double vitesse de notre justice.

Si la démission de Vidye Tshimanga est saluée par un grand nombre de congolais, des interrogations taraudent encore certains esprits quant aux sanctions à infliger à cet ancien conseiller stratégique de Félix Tshisekedi relativement à la mise en garde de la présidence de la République qui a précédé cette démission.

La justice élève une nation, dit-on. Des réformes sérieuses et un toilettage de l’appareil judiciaire congolais s’imposent pour sauver l’image ternie de la République Démocratique du Congo.

By Hervé Itoma

Directeur Général